Détecter les risques devant soi

1. Le champ visuel efficace

Le champ de vision d'un conducteur n'étant pas net sur sa totalité, le conducteur doit avoir un regard mobile et choisir des zones à surveiller en priorité, selon les dangers plus ou moins probables de celles-ci.

Pour cela, le conducteur ne doit pas se contenter de bouger les yeux. Il percevra mieux les indices et analysera mieux les distances si l'information se trouve exactement en face de lui. Pour cela, il doit bouger la tête.

Un conducteur inexpérimenté a du mal à tout percevoir et surtout à évaluer puis classer les risques par ordre d'importance, il devra se méfier du risque lui-même, mais aussi de ses propres capacités à réagir correctement et à temps.

2. Être bien installé

Je dois être installé de façon à avoir les yeux au milieu du pare-brise ; ni trop haut, ni trop bas.

Je dois porter mon regard le plus loin possible : en regardant loin, j'aperçois assez bien ce qui se trouve près de moi. En regardant près, je suis incapable d'apercevoir ce qui se trouve loin, donc incapable d'anticiper.

3. Analyser et anticiper

Lorsqu'un danger ou un risque de danger est annoncé par un panneau, je n'attends pas de voir ce danger pour réagir. Je ralentis immédiatement.

4. Usager sur le point de s'engager

Autre exemple : je dois être particulièrement vigilant vis-à-vis d'un usager sur le point de s'engager, mais qui ne regarde pas dans ma direction...
M'a-t-il vu arriver avant de regarder ailleurs ? Est-ce qu'il avait bien estimé ma vitesse ? Regardera-t-il une nouvelle fois dans ma direction avant de s'engager ?

Autant de questions auxquelles je ne peux pas répondre avec certitude. Je dois donc :
- ralentir,
- avertir l'usager si nécessaire, ou du moins être prêt à l'avertir (à klaxonner s'il ne regarde pas dans ma direction ; les appels de phares ne serviraient à rien),
- si possible m'écarter suffisamment du danger, pour me laisser plus de temps pour réagir et avoir plus de marge de manoeuvre,
- surveiller principalement CETTE zone de danger, mais continuer à surveiller toutes les autres zones (sans oublier les rétroviseurs),
- être prêt à freiner en urgence ou à m'écarter franchement si la situation devient critique.

Si je choisis d'utiliser l'avertisseur sonore, je ne perds pas de vue que le plus important est d'éviter l'accident. Un coup de klaxon ou un appel de phares ne fait pas disparaître le danger si personne ne réagit !

5. Anticiper le risque d'accident

Si un autre usager rencontre un STOP ou un feu rouge, je dois anticiper un risque d'accident. Et cela même si cet usager devrait normalement me laisser passer.

Le plus important, ce n'est pas la signalisation, (le panneau ou la ligne) mais le risque lié à la situation. L'usager qui devrait me laisser passer, m'a-t-il vu ? Est-il concentré sur sa conduite ? A-t-il bien estimé ma vitesse ?

6. Obstacle masquant une zone

Même raisonnement si un obstacle masque une zone d'où pourrait surgir un autre usager : un piéton (en particulier s'il y a un passage pour piétons à proximité), un deux-roues, voire éventuellement une voiture... Je ralentis ou je freine ; je m'écarte si possible ; je me prépare à intervenir.

7. Cas d'un conducteur qui ne peut pas me voir

Idem si un conducteur ne peut pas me voir à cause du type de véhicule qu'il conduit (sans vitres latérales arrière, ou sans lunette arrière).

La question que je dois me poser est "Est-ce que je vois le conducteur ?" Si la réponse est non, il y a des chances qu'il ne puisse pas me voir non plus.

8. Surveiller TOUTES les intersections

Lorsque je franchis une intersection, même lorsque je pense être "prioritaire", je n'oublie pas de regarder des 2 côtés.

9. De gauche à droite

Je commence toujours par le côté gauche (sauf visibilité nulle) parce que je vais couper la voie des usagers arrivant de gauche en premier... Puis je regarde à droite.

Pour cela, je tourne la tête : je réagirai plus rapidement en cas de danger si je regarde franchement que si je ne fais que "jeter un oeil".