
Vous recevez une amende pour un excès de vitesse que vous n'avez pas commis. La photo du radar montre un véhicule qui n'est pas le vôtre. Vous êtes peut-être victime d'une usurpation de plaque d'immatriculation, une fraude plus répandue qu'on ne le croit. Bonne nouvelle : des démarches concrètes existent pour vous défendre, contester les amendes et changer de numéro d'immatriculation. Voici tout ce que vous devez savoir.
Face à une usurpation, la rapidité de réaction est votre meilleure défense pour bloquer l'accumulation d'amendes indues. Une fois votre plainte enregistrée au fichier des véhicules signalés (FOVES), veillez à conserver le récépissé dans votre véhicule pour justifier de votre situation lors d'éventuels contrôles routiers.

L'usurpation de plaque d'immatriculation — aussi appelée doublette — consiste à reproduire illégalement le numéro d'immatriculation d'un véhicule existant et à l'apposer sur un autre véhicule. En clair : un fraudeur utilise une plaque identique à la vôtre sur sa propre voiture.
Ce faisant, toutes les infractions commises par ce véhicule — excès de vitesse, feu rouge grillé, stationnement interdit — sont automatiquement attribuées au propriétaire légitime de la plaque, c'est-à-dire vous. Les plaques d'immatriculation sont en effet le seul identifiant visible d'un véhicule en circulation, ce qui en fait une cible de choix pour les fraudeurs.
Les motivations sont généralement simples : échapper aux radars automatiques, accumuler des infractions sans conséquence personnelle, ou circuler avec un véhicule non assuré voire volé. Les radars lecteurs de plaque étant omniprésents sur le réseau routier, l'usurpateur mise sur le fait que la contravention vous sera adressée, à vous, sans qu'il ne soit jamais inquiété.
Le signal d'alerte le plus courant est la réception d'amendes pour des infractions que vous n'avez pas commises. Si un avis de contravention mentionne une date, une heure ou un lieu où vous ne vous trouviez pas — ou si la photo du radar montre un véhicule différent du vôtre — il est fort probable que votre numéro d'immatriculation ait été usurpé.
Dans les cas les plus graves, vous pouvez également recevoir des convocations judiciaires liées à des délits routiers commis avec votre plaque. Ne tardez pas à agir : chaque jour sans action augmente le risque de voir s'accumuler infractions et complications administratives.
Si vous payez l'amende, cela équivaut à reconnaître avoir commis l'infraction. Ne réglez surtout pas une contravention que vous contestez.
En cas de doute, consultez les avis de contravention reçus et comparez les photos jointes à votre véhicule réel. Vérifiez également les caractéristiques du véhicule incriminé (couleur, modèle, carrosserie) : une différence nette avec votre voiture est un indice fort d'usurpation.
La première démarche — et la plus urgente — est de déposer plainte contre X auprès d'un commissariat de police ou d'une brigade de gendarmerie, pour usurpation de plaque d'immatriculation.
À l'issue du dépôt, deux choses importantes se produisent :
Astuce : Une fois votre numéro inscrit au FOVES, conservez toujours un double de votre récépissé de plainte dans votre boîte à gants pour le présenter lors d'un éventuel contrôle routier physique.
Si l'infraction a été constatée par un radar automatique, pensez à demander la photo du flash au Centre automatisé de constatation des infractions routières (CACIR), par internet ou par courrier, regardez attentivement les petits détails qui ne trompent pas : un autocollant sur la lunette arrière, la marque des pneus ou même la version de la finition (ex: logo 'Turbo' ou 'Hdi'). Ces différences visuelles sont vos meilleures preuves lors du dépôt de plainte.
Une fois la plainte déposée, vous devez contester chaque amende reçue. Vous disposez de :
La contestation s'effectue en ligne sur le site de l'ANTAI (Agence nationale de traitement automatisé des infractions), ou par courrier via le formulaire de requête en exonération joint à votre contravention — en recommandé avec accusé de réception.
Dans les deux cas, joignez impérativement votre récépissé de dépôt de plainte, ainsi que tous les justificatifs prouvant que vous ne vous trouviez pas sur les lieux de l'infraction : billets de train, tickets de péage, factures, attestation d'employeur, témoignages… Pour en savoir plus sur vos droits, consultez notre guide pour contester une contravention.
Une fois la plainte enregistrée, vous pouvez demander l'attribution d'un nouveau numéro d'immatriculation et d'une nouvelle carte grise via le site de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS). La démarche s'effectue intégralement en ligne, depuis votre compte ANTS ou via France Connect.
Si vous n'êtes pas à l'aise avec les outils numériques, des points d'accueil numériques sont disponibles dans toutes les préfectures et la plupart des sous-préfectures. Vous pouvez également être accompagné dans une maison France Services.
Lors de la procédure en ligne, vous devrez certifier sur l'honneur disposer :
Vous devrez également fournir une copie numérique (scan ou photo) de votre récépissé de dépôt de plainte. Le fichier SIV (Système d'Immatriculation des Véhicules) sera mis à jour avec votre nouveau numéro.
La délivrance d'un nouveau numéro d'immatriculation est gratuite sur présentation du récépissé de plainte. Seuls 2,76 € de frais d'acheminement de la carte grise restent à votre charge (aucun frais pour les cyclomoteurs). Le règlement doit obligatoirement être effectué par carte bancaire.
À la fin de la procédure, vous obtenez un certificat provisoire d'immatriculation (CPI) à imprimer, vous permettant de circuler pendant 1 mois en France en attendant votre carte grise définitive. Le traitement peut prendre quelques jours à plusieurs semaines selon la complexité du dossier.
N'oubliez pas que vous devrez également faire réaliser et poser vos nouvelles plaques physiques par un prestataire agréé. Ces frais restent à votre charge.
L'usurpation de plaque est un délit, pas une simple infraction. L'article L317-4-1 du Code de la route prévoit des peines sévères pour les contrevenants :
En cas de récidive ou de délit grave, des peines complémentaires peuvent s'ajouter : suspension ou annulation du permis (avec interdiction de le repasser pendant 3 ans au plus) et confiscation du véhicule.
Au-delà de la plainte pénale, vous pouvez engager une action civile pour obtenir réparation du préjudice subi (temps perdu, stress, frais engagés). Si l'auteur de l'usurpation est identifié à l'issue de l'enquête, vous pourrez vous constituer partie civile pour faire valoir vos droits devant le tribunal.
En attendant, conservez précieusement tous vos justificatifs : récépissé de plainte, courriers de contestation, confirmations d'envoi, nouvelles plaques et nouvelle carte grise. Ces documents constituent votre bouclier en cas de litige persistant.
Comment savoir si votre plaque a été usurpée ?