Intervalles de sécurité

1. Distance réglementaire

Quelle que soit ma vitesse, je dois laisser un intervalle minimum de 2 secondes avec le véhicule devant moi (celui que je suis).

Cet intervalle correspond à 1 seconde (le temps de réaction moyen) + 1 seconde de marge. Celle-ci permet de compenser :
- un éventuel allongement de mon temps de réaction (dû à une distraction par exemple ou à une légère fatigue),
- une différence des capacités de freinage avec le véhicule que je suis (si son conducteur freine plus fort que moi ou si son véhicule a des freins plus puissants que le mien).

Hors agglomération, les véhicules encombrants ou lourds doivent laisser 50 mètres minimum lorsqu'ils se suivent, quelle que soit leur vitesse.

Le respect des intervalles de sécurité me permet aussi d'éviter d'être surpris, ce qui limite le stress, donc permet d'arriver plus serein et moins fatigué à destination.

Le respect des intervalles de sécurité, même augmentés, ne fait pas perdre de temps sur un trajet ! Au contraire, puisqu'il réduit fortement le risque d'accident.

Lors d'un dépassement, je ne réduis pas l'intervalle de sécurité afin de ne pas me faire surprendre et afin de garder une bonne visibilité vers l'avant. Lorsque je me rabats, je veille à ce que cet intervalle soit suffisant avec le véhicule dépassé. Sur autoroute, j'attends que le véhicule dépassé soit entièrement visible dans mon rétroviseur central.

2. Evaluer la distance avec le véhicule qui me précède

La distance minimale à respecter avec le véhicule qui me précède peut se calculer d'après ma vitesse. Voici la méthode simple qui donne une valeur approchée :
je prends le ou les chiffres des dizaines de ma vitesse que je multiplie par 3. Le résultat donne une valeur approchée de ma vitesse en mètres par seconde. En multipliant ce résultat par 2, j'obtiens la valeur minimum de l'intervalle de sécurité.

Par exemple :
- à 50 km/h, je parcours 15 mètres par seconde (5x3) , l'intervalle de sécurité doit être d'au moins 30 mètres (15x2).
- à 70 km/h, je parcours 21 mètres par seconde (7x3), l'intervalle de sécurité doit être d'au moins 42 mètres (21x2).
- à 90 km/h, je parcours 27 mètres par seconde (9x3), l'intervalle de sécurité doit être d'au moins 54 mètres (21x2).
- à 110 km/h, je parcours 33 mètres par seconde (11x3), l'intervalle de sécurité doit être d'au moins 66 mètres (33x2).

3. Appréciation des distances

Mais il est difficile, voire impossible, d'évaluer une distance précise au-delà de quelques mètres, surtout lorsque je suis moi-même en mouvement. L'erreur d'appréciation peut être de 20 à 50 mètres pour 100 mètres !

Heureusement, il existe d'autres méthodes. Par exemple, en utilisant les marquages au sol.
Sur l'autoroute, 2 traits de la bande d'arrêt d'urgence + l'espace qui les sépare correspond à la distance à laisser entre 2 véhicules qui se suivent à 130 km/h (au moins 78 mètres).

Sur route, 1 trait de l'axe médian qui autorise tous les dépassements mesure 3 mètres de long ; et l'intervalle entre chaque trait est de 10 mètres. A 90 km/h, alors que je dois laisser au moins 54 mètres, l'intervalle est de 4 traits minimum.(4x13 = 52 m).

4. Autre méthode

Il existe une autre méthode, plus simple : il suffit de prendre un point de repère sur la route (ou proche de la route) et de vérifier, en comptant, qu'il y a bien 2 secondes minimum entre le moment où le véhicule qui me précède passe devant ce point de repère et le moment où j'arrive à ce niveau.

Ce point de repère peut être une irrégularité de la route, un arbre ou une construction proche, un marquage au sol ou un panneau par exemple. Si l'intervalle est de 2 secondes minimum, c'est que la distance de sécurité est bien respectée.

5. Les dispositifs d'aide au maintien de l'intervalle de sécurité

Certains véhicules sont équipés d'un système qui contrôle l'accélération et les freins dans le but de respecter automatiquement l'intervalle de sécurité minimum. Il peut être associé au régulateur de vitesse, appelé dans ce cas "régulateur adaptatif".

Ce système fonctionne bien dans la plupart des cas. Cependant, si mon véhicule en est équipé, c'est à moi de vérifier que l'intervalle de sécurité minimum est effectivement respecté. De plus, ce système s'adapte rarement aux cas où il faudrait augmenter cet intervalle, justement parce que la situation est dangereuse !

6. Les cas où la distance de sécurité doit être augmentée

J'augmente l'intervalle de sécurité si la visibilité n'est pas bonne. Notamment s'il pleut, qu'il y a du brouillard ou qu'il neige. Même si ces éléments n'augmentent pas mon temps de réaction, ils m'empêchent de voir loin, donc d'anticiper. D'autre part, lorsque la visibilité n'est pas bonne, le risque de collision augmente. Tout comme le risque que le conducteur devant moi soit surpris, l'obligeant à freiner fort. Dans certains pays, l'intervalle minimum de sécurité passe de 2 à 3 secondes dans ces conditions. En France, on laisse l'automobiliste juge, mais il doit redoubler de prudence.

J'augmente aussi l'intervalle de sécurité :
- lorsque l'adhérence n'est pas bonne (neige, verglas),
- en cas de gravillons sur la chaussée, afin d'éviter un bris de glace (à cause d'un gravillon projeté par le véhicule devant moi),
- lorsque le véhicule que je suis est encombrant et que celui-ci me masque la visibilité,
- lorsque le conducteur devant moi roule à une allure inhabituelle ment lente (il cherche peut-être sa route ou il a peut-être identifié un danger que je n'ai pas encore perçu),
- lorsqu'un autre usager me suit de trop près (ce qui me permettra de freiner moins fort si je suis surpris, évitant de surprendre l'usager qui me suit).

7. Les dispositifs imposant un intervalle minimum

L'intervalle de sécurité minimum peut être imposé par un panneau d'interdiction qui mentionne cette distance. Elle s'impose alors à tous les usagers, quelle que soit leur vitesse, et même si la circulation s'arrête. Dans un tunnel notamment, garder cet intervalle lorsque les véhicules sont arrêtés permet d'éviter la propagation des flammes d'un véhicule à l'autre en cas d'incendie et facilite l'accès et la progression des secours.

Le panneau peut être complété par des dispositifs afin d'aider le conducteur à respecter l'intervalle minimum :
- des chevrons (V à l'envers) peints en blanc sur la chaussée ; il doit toujours y en avoir au moins 2 entre mon véhicule et le véhicule que je suis,
- des diodes bleues (sur les parois des tunnels) ; là encore, il doit toujours y en avoir au moins 2 entre mon véhicule et le véhicule que je suis,

8. L'intervalle de sécurité lors de l'arrêt

Lorsque je m'arrête derrière un autre véhicule, je dois rester à bonne distance :
- au cas où il reculerait, volontairement ou non ; j'aurais alors le temps de prévenir son conducteur de ma présence (en utilisant l'avertisseur sonore par exemple),
- au cas où il ne repartirait pas (véhicule arrêté, en panne...) ; je pourrais alors le contourner sans devoir reculer,
- pour ne pas importuner son conducteur ; il n'est jamais agréable d'être "collé", même à l'arrêt.

Je sais que l'intervalle de sécurité est respecté lorsque je m'arrête en voyant le véhicule devant moi en entier, y compris ses roues arrière.

9. Si un usager me suit de trop près

Je peux difficilement gérer l'intervalle de sécurité avec le véhicule qui me suit. Si celui-ci est trop près, son conducteur se met en danger, mais il me met en danger également.

Dans ce cas :
- si j'estime que mon allure est adaptée à la situation, je n'accélère pas (surtout si je circule à la vitesse maximale autorisée),
- je peux l'inciter à me dépasser en serrant à droite (pour que son conducteur ait une meilleure visibilité),
- je peux ralentir légèrement pour lui faciliter le dépassement (si celui-ci est possible),
- je peux allumer brièvement les feux de détresse ou appuyer très légèrement sur la pédale de frein pour l'inciter à s'éloigner (sans freiner brutalement, ce qui pourrait provoquer l'accident ou entraîner une réaction agressive de sa part).

10. L'intervalle de sécurité latéral

Lorsque je croise ou que je dépasse un usager, je laisse un intervalle de sécurité suffisant pour ne pas l'effrayer, ne pas le mettre en danger, ne pas l'importuner, et en prévision d'un écart éventuel de sa part.

S'il s'agit d'un usager fragile et/ou instable (un piéton ou un "deux-roues"), même immobile, l'intervalle de sécurité latéral doit être au minimum de 1 mètre en agglomération ; 1,50 mètre hors agglomération. Je laisse plus lorsque c'est possible ou que la situation paraît risquée.

En passant près de voitures stationnées, j'anticipe les risques potentiels : l'ouverture d'une portière, un piéton ou une voiture qui surgirait entre 2 véhicules, un véhicule qui entamerait la sortie de son stationnement... Je laisse là encore un intervalle de sécurité latéral suffisant, équivalent à l'encombrement d'une portière ouverte, en plus de réduire ma vitesse.

11. Accidentologie

1 conducteur sur 4 ne respecte pas l'intervalle minimum imposé.

Sur autoroute, 1/3 des accidents est dû à des collisions en chaîne. Le non-respect des intervalles de sécurité est l'une des principales causes.

12. Sanctions

Le conducteur qui ne respecte pas l'intervalle minimum de sécurité encourt une contravention de 4e classe (amende forfaitaire de 135 euros) et un retrait de trois points. Son permis de conduire peut également être suspendu pour une durée maximale de trois ans.

En cas de récidive dans un délai d'un an et lorsque le véhicule circule dans un tunnel, le conducteur est passible de six mois d'emprisonnement et de 3 750 euros d'amende.

Un dépassement dangereux, comme celui d'un usager fragile sans respecter l'intervalle minimum imposé est sanctionné par une amende de 4e classe (amende forfaitaire de 135 euros) et un retrait de trois points. Le permis de conduire peut également être suspendu pour une durée maximale de trois ans.