Téléphoner en conduisant peut-il vous coûter seulement 135 € et 3 points, ou aussi votre permis ? La réponse dépend du comportement constaté, d’une éventuelle infraction simultanée et, dans certains départements, d’un barème préfectoral renforcé. Le socle national reste clair : le téléphone tenu en main est interdit lorsque le véhicule circule. Mais des mesures administratives territoriales peuvent désormais compléter l’amende et le retrait de points.
Oui. L’usage d’un téléphone tenu en main par le conducteur d’un véhicule en circulation est interdit. Cette infraction constitue une contravention de 4e classe. La sanction nationale de référence est une amende forfaitaire de 135 € et le retrait de 3 points sur le permis de conduire.
La sanction nationale est donc à retenir simplement : téléphone tenu en main = 135 € et 3 points, sans suspension administrative automatique dans tous les départements. Une suspension peut toutefois intervenir dans d’autres cadres, que nous détaillons ci-dessous.
Après le retrait de points, vous pouvez consulter le barème des infractions et retrait de points pour retrouver les principales sanctions applicables.

Le téléphone tenu en main est interdit dès lors que votre véhicule est en circulation. Vous ne pouvez donc pas le prendre pour répondre à un appel, lire un SMS, choisir une musique ou modifier votre itinéraire. Le fait de s’arrêter dans la circulation ne transforme pas nécessairement la situation en stationnement autorisé : pour manipuler votre appareil, vous devez vous garer dans un lieu où l’arrêt et le stationnement sont permis, sans gêner ni mettre en danger les autres usagers.
Le port à l’oreille d’un dispositif susceptible d’émettre du son est également interdit lorsque vous conduisez. Cela concerne les oreillettes, écouteurs et casques audio, sauf les appareils électroniques correcteurs de surdité prévus par le texte. Une oreillette au volant n’est donc pas une solution légale de téléphonie.
En revanche, l’article R412-6-1 ne vise pas le système intégré du véhicule ni le haut-parleur. Une conversation via le Bluetooth ou un dispositif intégré peut ainsi rester autorisée juridiquement, à condition de ne pas tenir ni manipuler le téléphone et de conserver la maîtrise de votre véhicule. Autorisé par la règle ne veut pas dire sans risque pour l’attention.

Oui, mais il faut distinguer la sanction nationale et les mesures administratives locales. La police ou la gendarmerie ne prononce pas elle-même une suspension administrative : les forces de l’ordre constatent l’infraction et peuvent, dans les cas prévus, retenir le permis ; la décision de suspension relève ensuite du préfet ou du sous-préfet. Un juge peut également prononcer une suspension judiciaire dans le cadre pénal.
À retenir
Une infraction simultanée correspond à plusieurs infractions constatées au même moment. Le téléphone tenu en main peut, par exemple, être associé au non-respect des distances de sécurité, d’une règle de priorité, de la signalisation, des règles de dépassement ou de la vitesse. Toutes les infractions connexes ne déclenchent pas automatiquement la même procédure : seules celles prévues par les textes peuvent ouvrir le mécanisme concerné.
Dans cette situation, le téléphone au volant ne remplace pas l’infraction principale et les sanctions ne se confondent pas. Le conducteur peut recevoir l’amende et perdre les 3 points liés au téléphone, tout en étant exposé à une procédure de rétention puis de suspension si les conditions légales sont réunies. Vous pouvez retrouver les principales infractions au code de la route dans notre cours dédié.
Depuis 2026, certains préfets ont adopté ou renforcé des barèmes permettant d’envisager une suspension administrative pour le seul usage constaté du téléphone tenu en main. Cette mesure ne modifie pas le socle national : l’amende de 135 € et le retrait de 3 points restent applicables.
La différence tient à l’échelon administratif. Dans un département concerné, le représentant de l’État peut prononcer à titre provisoire une suspension sur la base du procès-verbal, lorsque l’infraction entre dans le cadre prévu par le code de la route et par l’arrêté départemental. La durée et les modalités dépendent alors du texte local en vigueur.
Ces trois notions ne désignent pas la même étape :
| Notion | Ce qui déclenche la mesure | Conséquence ou procédure |
|---|---|---|
| Rétention du permis | Un contrôle et une infraction entrant dans les cas prévus | Les forces de l’ordre peuvent retenir provisoirement le titre ; cette mesure ne peut pas dépasser 72 heures. |
| Suspension administrative | La transmission du procès-verbal au représentant de l’État | Le préfet ou le sous-préfet peut décider une suspension provisoire et en notifier la durée. |
| Suspension judiciaire | La procédure pénale et la décision d’un juge | Le tribunal peut prononcer une suspension comme peine complémentaire, indépendamment de la mesure administrative. |
La rétention du permis est donc une mesure temporaire qui peut précéder la décision administrative. Elle ne signifie pas que l’agent de contrôle a déjà prononcé une suspension. De même, une suspension administrative du permis ne se confond pas avec une suspension judiciaire.
Les mesures territoriales peuvent évoluer rapidement. Les sources officielles consultées confirment une mesure mise en œuvre dans les Landes, le Lot-et-Garonne, le Pas-de-Calais, la Charente-Maritime et l’Ardèche. La communication officielle Ma Sécurité indique une fourchette générale allant de 15 jours à 6 mois, mais elle ne donne pas une durée propre à chacun des quatre départements recensés dans sa publication.
Le tableau ci-dessous distingue donc les durées effectivement publiées par les préfectures et les informations qui restent à confirmer. L’Ardèche a ensuite annoncé une entrée en vigueur au 1er juin 2026. Une autre évolution officielle est également signalée pour l’Yonne, entrée en vigueur après la communication recensant les quatre premiers départements.
| Département | Date d’entrée en vigueur | Comportement visé | Durée publiée | Source préfectorale ou officielle | Dernière vérification |
|---|---|---|---|---|---|
| Landes | Mesure déjà mise en œuvre selon Ma Sécurité | Téléphone tenu en main au volant | Durée propre au département non précisée ; fourchette générale annoncée : 15 jours à 6 mois | Ma Sécurité | 2 septembre 2026 |
| Lot-et-Garonne | Mesure annoncée et mise en œuvre | Téléphone au volant sans infraction connexe | Durée propre non précisée sur la page préfectorale consultée ; fourchette générale annoncée : 15 jours à 6 mois | Préfecture du Lot-et-Garonne et Ma Sécurité | 2 septembre 2026 |
| Pas-de-Calais | Arrêté départemental annoncé le 17 février 2026 | Usage du téléphone au volant | 2 mois pour les particuliers | Préfecture du Pas-de-Calais | 2 septembre 2026 |
| Charente-Maritime | 1er mai 2026 | Utilisation du téléphone en conduisant | Jusqu’à 6 mois | Préfecture de la Charente-Maritime | 2 septembre 2026 |
| Ardèche | 1er juin 2026 | Téléphone au volant | Durée propre au département non précisée | Préfecture de l’Ardèche | 2 septembre 2026 |
Évolution officielle repérée dans l’Yonne : à compter du 1er août 2026, la préfecture indique une suspension administrative d’1 mois, portée à 2 mois en cas de récidive, en complément de l’amende de 135 € et du retrait de 3 points. Cette évolution doit être intégrée à la veille territoriale, même si l’Yonne ne figurait pas dans la liste initiale des quatre départements publiée par Ma Sécurité. L’Ardèche, annoncée ensuite comme cinquième département, est également à surveiller.
Cette liste est un module de veille. Les mesures départementales peuvent évoluer ou être précisées par un nouvel arrêté. Consultez l’arrêté et le site de la préfecture de votre département ; cette liste a été vérifiée le 2 septembre 2026.
Avant de prendre la route, vérifiez les informations publiées par la préfecture du département où l’infraction pourrait être constatée. Recherchez l’arrêté préfectoral fixant le barème des suspensions administratives et contrôlez sa date d’entrée en vigueur. Une page d’actualité nationale ou un article de presse peut alerter sur une mesure, mais l’arrêté local reste indispensable pour connaître la durée et les modalités précises.
Pour éviter toute distraction, programmez vos appels, activez le mode conduite ou configurez un message automatique avant de démarrer.
Un système intégré au véhicule, le Bluetooth ou le haut-parleur peuvent être autorisés par l’article R412-6-1, car le téléphone n’est pas tenu en main et le son n’est pas diffusé par un dispositif porté à l’oreille. Toutefois, la légalité du dispositif ne supprime pas la distraction liée à la conversation. Vous devez rester en mesure de contrôler le véhicule et de réagir à votre environnement.
Les oreillettes, écouteurs et casques audio portés à l’oreille sont interdits. Ils peuvent vous empêcher d’entendre un klaxon, une sirène ou une information utile à la conduite. Ils ne doivent donc pas être présentés comme une solution « mains libres ».
Le téléphone peut servir de GPS s’il est installé sur un support fixe et si vous ne le manipulez pas pendant la conduite. Préparez l’itinéraire avant le départ ; pour le modifier, garez-vous dans un lieu autorisé et sécurisé. Ne vous arrêtez jamais sur la bande d’arrêt d’urgence pour téléphoner : elle est réservée aux situations de danger, de panne, d’accident ou de malaise.

L’interdiction du téléphone tenu en main répond à un risque concret : regarder un écran, le manipuler ou converser mobilise plusieurs ressources nécessaires à la conduite. Le téléphone peut provoquer une distraction visuelle, physique, auditive et cognitive. Ces formes de distraction peuvent se cumuler, même lorsque l’appel passe par un système intégré.
La Sécurité routière indique que téléphoner en conduisant multiplie par trois le risque d’accident. Lire un message oblige en plus à détourner les yeux de la route pendant plusieurs secondes : à 50 km/h, la voiture parcourt une distance importante avant que le conducteur ne puisse reprendre pleinement son observation.
Comment récupérer ses points à la suite d’une infraction pour téléphone au volant ?
Une infraction pour téléphone au volant entraîne le retrait de 3 points. Vérifiez votre solde sur votre relevé d’information intégral et tenez compte de la date d’effectivité du retrait : une nouvelle infraction peut modifier le délai de récupération.
Pour une contravention grave, la récupération automatique peut intervenir au bout de trois ans sous conditions.
Si vous envisagez un stage de récupération de points, vérifiez votre solde et les conditions d’inscription avant de réserver. Une suspension administrative ne supprime pas le retrait de points : ce sont deux conséquences distinctes d’une même situation.
En cas de suspension, vous devez respecter la décision notifiée et ne pas conduire pendant la période d’interdiction. Si vous cherchez à comprendre les démarches liées au retrait de permis, consultez la page dédiée.