Les distractions (téléphoner, manger, discuter...)

1. L'activité de conduite

La conduite est une activité à part entière qui nécessite 100% de l'attention du conducteur. Quelques secondes sans regarder la route suffisent à se mettre dans une situation désespérée. Une attention défaillante, une réaction qui intervient 1 seconde trop tard, et je réagis jusqu'à 40 mètres plus tard !

Il existe 4 principaux types de distraction :
- visuelle (les yeux sont ailleurs que sur la route),
- manuelle (les mains sont ailleurs que sur le volant),
- auditive (le conducteur est privé des sons de la circulation),
- cognitive (l'esprit est ailleurs que sur la conduite).

2. Les distractions

Parmi les sources de distraction les plus observées et les moins recommandables, on relève :
- régler son GPS, sa radio,
- écouter de la musique à volume élevé (ce qui isole de la circulation, notamment des bruits)
- fumer, manger, boire,
- se recoiffer ou se maquiller,
- porter trop d'attention à un événement extérieur non lié à la conduite,
- porter trop d'attention à une conversation avec mes passagers,
- lire un document, une carte, ou un journal,
- essayer divers accessoires d'une voiture que l'on ne connaît pas bien,
- ...
Et bien sûr l'utilisation du téléphone sous toutes ses formes (conversations, consultations de sites internet, applications, textos, mails...).

3. Téléphoner en conduisant

De toutes les distractions, téléphoner est sans doute celle qui est la plus dangereuse. L'usage du téléphone en conduisant multiplie le risque d'accident par 3. A titre de comparaison, une alcoolémie de 0,5 g/l multiplie ce risque par 2...

La raison n'est pas celle que l'on croit. Tenir un téléphone en main (ce qui est interdit) est certes gênant pour la conduite, mais pas plus que de tenir un sandwich.

Ce qui est dangereux, c'est la conversation ! En effet, celui qui téléphone doit faire un effort mental pour se représenter certaines choses évoquées dans la conversation, d'autant plus qu'il ne voit pas son interlocuteur. Problème : cet effort d'imagination sollicite les mêmes zones du cerveau que celles utilisées pour la conduite, ce qui entraîne une saturation.

Cela se traduit par une réduction de l'observation (le regard se fige), moins d'analyse, plus de temps nécessaire pour prendre les bonnes décisions ; le conducteur commet plus d'infractions (clignotant oublié, excès de vitesse, non-respect des intervalles de sécurité), l'évitement d'obstacles est plus hasardeux, le dosage du frein est moins précis.

4. Discuter avec ses passagers ou au téléphone, quelle différence ?

La différence entre une discussion avec un passager et une discussion téléphonique, c'est que le passager est présent. Les 2 interlocuteurs sont proches et se voient plus ou moins, ce qui facilite la compréhension. D'autre part, le passager voit la route, et peut avertir le conducteur d'un danger, ou peut comprendre que celui-ci s'interrompe de parler si la situation se complique.

Le danger est donc bien moindre lorsque je parle avec un passager assis à mes côtés plutôt qu'à distance, au téléphone.

5. Manipuler son téléphone en conduisant

Tenir un téléphone en main est dangereux et donc interdit.

En effet, l'utilisation physique du téléphone oblige à quitter la route des yeux pendant plusieurs secondes pour :
- trouver et saisir l'appareil,
- le déverrouiller,
- trouver un contact ou composer son numéro,
- consulter ses textos, ses mails ou utiliser une application,
- mettre fin à la conversation ou fermer les tâches en cours.

6. Les kits "BLUETOOTH"

Les kits "main-libre" sont tolérés à condition que le son ne soit pas diffusé directement dans l'oreille du conducteur (les oreillettes sont donc interdites, tout comme les casques audio pour écouter de la musique). Le son doit être diffusé dans l'habitacle (par les haut-parleurs du véhicule par exemple).

Cependant, le risque d'accident est sensiblement le même que si je tiens mon téléphone à la main : le véritable risque, c'est la conversation elle-même, qui monopolise une grande part de l'attention !

7. Sanctions

Le conducteur doit être en mesure d'exécuter facilement et immédiatement les manoeuvres qui lui incombent. Sinon, il risque une amende de 2ème classe.

Conduire avec un téléphone à la main ou en ayant à l'oreille un casque audio, des écouteurs ou une oreillette est passible d’une amende forfaitaire de 135 € (4ème classe) et d’un retrait de 3 points sur le permis de conduire.

Placer dans le champ de vision un appareil en fonctionnement doté d'un écran et ne constituant pas une aide à la conduite ou à la navigation du conducteur est sanctionné par une amende de 5ème classe, un retrait de 3 points sur le permis et la confiscation de l'appareil.