Les enjeux du Code de la Route

1. Le Code de la route

Sur la route, des usagers très divers doivent cohabiter. D'autre part, les routes se croisent, sont plus ou moins dangereuses selon les configurations, les conditions météo et la luminosité changent... C'est pourquoi, pour la sécurité de tous, il faut une règle du jeu : le Code de la Route. Tous les usagers doivent la respecter.

2. Bien conduire

Bien conduire, ce n'est pas uniquement des savoirs et des savoir-faire. Un conducteur qui maîtrise parfaitement sa voiture, très technique, et qui connaît parfaitement toutes les règles du Code de la route n'est pas forcément un bon conducteur. Bien conduire, c'est avoir un minimum de notions, bien sûr, mais c'est avant tout comprendre les dangers de la route, prévoir les difficultés, et savoir y faire face, avec discernement, respect, anticipation et bienveillance.

3. Montrer l'exemple

Bien conduire, c'est aussi montrer l'exemple :
- aux autres usagers, en instaurant un cercle vertueux (à l'inverse, commettre des infractions incite les autres usages à en commettre), en étant courtois,
- aux passagers que je transporte (en particulier lorsqu'il s'agit d'enfants, qui même très jeunes, seront influencés dans leur conduite par ce qu'ils auront vu, lorsqu'ils seront au volant à leur tour).

4. Les accidents

Il y a rarement 1 seule cause à un accident. Il y en a généralement plusieurs.

Par exemple : un conducteur arrivant 1 peu vite, dans un virage où la visibilité est 1 peu masquée, et que la route est 1 peu glissante, perd le contrôle de sa voiture. Ce sont tous ces facteurs qui interviennent dans cet accident : la vitesse, la visibilité, la prise de risques, l'adhérence.

Autre exemple : surpris par un piéton qui traverse, un conducteur freine 1 peu fort, alors qu'un autre usager (qui téléphone) le suit d'un peu près ; il ne peut l'éviter et le percute. Les causes : l'inattention, le manque d'anticipation, la prise de risques...

On retrouve la multicausalité dans pratiquement tous les accidents. Y compris (et surtout) ceux où la présence d'alcool est relevée. On le sait, l'alcool augmente le temps de réaction, favorise la prise de risques, fausse l'appréciation des distances et des vitesses...

Le plus souvent, il aurait suffi de faire disparaître une seule de ces causes pour que l'accident ne se produise pas.

5. Les "petits" accidents

Heureusement, tous les accidents ne sont pas graves. Mais si un accident n'est pas grave, c'est souvent une question de chance ! Le conducteur n'a pas fait "exprès" que l'accident ne soit pas grave. Il n'y a donc pas de "petits" accidents.

Si j'évite un accident de peu, ou si j'ai un accident pas grave, je dois me remettre en cause. Plus j'ai d'alertes (accident évité de peu ou "petit" accrochages), plus j'ai de risques d'avoir un accident grave ou mortel.

Une fois sur 10, l'accident est grave. Une fois sur 300, l'accident est mortel. Et ces statistiques se vérifient à chaque fois, quel que soit le conducteur.

6. Accidents évitables

La plupart des accidents ne sont pas dus à la fatalité. Ils sont évitables. On l'a vu, il suffit d'enlever un facteur, un risque, pour que l'accident n'ait pas lieu. On ne peut pas supprimer tous les risques (visibilité, adhérence), mais on peut cependant agir sur d'autres (prise de risques, vitesse, intervalles de sécurité, attention...).

Encore faut-il VOULOIR éviter certains risques !
Par exemple, dans certains refus de priorité ou certains face-à-face, on relève une action tardive, inappropriée, voire pas de réaction du tout de la part du conducteur qui pense "être dans son bon droit". Par exemple : un conducteur "victime" d'un refus de priorité qui ne freine pas (ou se contente de klaxonner), puis agit alors qu'il est trop tard pour éviter l'accident.

Que je pense être responsable ou non, je DOIS essayer d'éviter tous les accidents.

7. Les enjeux

Les conséquences d'un accident, même bénin, peuvent être lourdes : retard ou impossibilité d'aller travailler, frais de remise en état, stress...

Les conséquences d'un accident grave ou mortel sont bien plus grandes :
- risques de blessures invalidantes ou de décès d'une des personnes impliquées,
- conséquences financières et désorganisation pour la famille (ou l'entreprise si c'est un accident du travail),
- personnes proches (famille, amis, collègues) pouvant être fortement affectées...

8. Accidentologie

Chaque année, 3 000 personnes meurent dans un accident de la route en France.
Les principaux facteurs d'accidents mortels sont :
- la vitesse (30% des cas),
- l'alcool (30% des cas également),
- l'usage de stupéfiants (23%),
- les refus de priorité,
- l'inattention.

A cela s'ajoutent 75 000 blessés, dont près de 30 000 hospitalisés. Certains garderont des séquelles à vie.

Le coût de l'insécurité routière dépasse 20 milliards d'euros chaque année. Chacun de nous le paie, même les bons conducteurs, par le biais des impôts et des cotisations d'assurance notamment. Par le biais des amendes aussi... Mais cet "impôt" est volontaire : en ne commettant pas d'infraction, on ne paye rien !

9. La formation

La conduite accompagnée permet de commencer à conduire dès 15 ans tout en profitant de la présence permanente d'un accompagnateur expérimenté. Cette formule permet de réduire le risque d'accident des jeunes conducteurs, particulièrement exposés les 2 ou 3 premières années de permis.

Les assureurs, qui calculent le montant des cotisations en fonction des risques, l'ont bien compris : ils proposent des tarifs plus bas pour les conducteurs ayant suivi une formation en conduite accompagnée.

10. La répression

La plupart du temps, une infraction met la sécurité de personnes en danger. Aussi, elle est sanctionnée par une amende. Malheureusement, la somme de toutes les amendes ne suffit pas à rembourser les 20 milliards que coûte l'insécurité routière. Même depuis l'apparition des radars automatiques.

11. La perte de points

La perte de points est une sanction complémentaire afin de limiter les risques de récidives (même si le conducteur a les moyens de payer des amendes à répétition).

Un conducteur peut ainsi perdre son permis, et donc le droit de conduire, s'il commet trop d'infractions en peu de temps. Surtout si celles-ci sont particulièrement graves.

Heureusement, 75% des conducteurs ont tous leurs points. Et 90% des conducteurs ont au moins 10 points sur leur permis de conduire.

12. Le permis probatoire

Le permis probatoire est un moyen de sensibiliser les conducteurs débutants, donc inexpérimentés, et souvent impliqués dans des accidents à forte prise de risques.

Les jeunes de 18 à 24 ans représentent environ 17% des tués (alors qu'ils ne représentent que 8% de la population). C'est pourquoi des mesures spéciales ont été mises en place, telles que :
- le permis de conduire qui ne comporte que 6 points la 1ère année,
- l'alcoolémie qui doit être inférieure à 0,20 g/l de sang,
- les limitations de vitesse qui sont abaissées (110 sur autoroute ; 100 sur routes à chaussées séparées ; 80 sur routes à double sens, y compris lorsque la chaussée comporte plusieurs voies réservées à un même sens de circulation).

Toutes ces mesures contribuent à sauver des centaines de vies chaque année.