Les précautions avant et pendant un dépassement

1. Pertinence du dépassement

Le dépassement peut être une manoeuvre dangereuse du fait de la position sur la chaussée (je risque de circuler à contresens), du fait qu'elle est inhabituelle (un usager distrait n'intègre pas toujours la possibilité qu'il soit dépassé) et de l'écart de vitesse.

Aussi, avant de dépasser, je dois m'interroger : ce dépassement est-il raisonnable ? Va-t-il réellement me faire gagner du temps, ou juste 1 place dans la file de véhicules ?

Si un véhicule circule lentement, semble hésiter ou fait des zigzag, je ne me précipite pas pour le dépasser. Son conducteur a peut-être vu quelque chose que je ne vois pas, il peut chercher sa route, a peut-être un problème... Je dois redoubler de prudence. La solution la plus sure n'est pas de le dépasser coûte que coûte, mais au contraire, dans un premier temps de rester éloigné de lui.

2. Signalisation

Avant de dépasser, je vérifie que la signalisation l'autorise :
- absence de panneau interdisant le dépassement (qui me concerne),
- absence de panneau annonçant un rétrécissement de chaussée ou une suppression de voie,
- absence de flèches de rabattement dans mon sens de circulation,
- absence de ligne continue (sauf pour dépasser un cycliste),
- absence de ligne dissuasion sur une chaussée à double sens de circulation, sauf si le véhicule à dépasser circule lentement ; c'est-à-dire à 50 km/h ou moins.

3. Vitesse

Je dois m'interroger sur ma vitesse et celle de l'usager à dépasser. Même pour dépasser, je ne peux pas rouler au-delà de la limitation de vitesse. Or, pour qu'un dépassement s'effectue dans de bonnes conditions - c'est-à-dire qu'il ne dure pas trop longtemps et qu'il s'effectue sur une distance assez courte - je dois pouvoir circuler 20 km/h plus vite que l'usager à dépasser (en étant déjà lancé de préférence).

Mais je dois aussi modérer ma vitesse. En effet, un écart de vitesse supérieur à 40 km/h entre moi et l'usager que je dépasse peut s'avérer dangereux en cas de freinage ou d'écart, même léger, de l'un de nous 2.

4. Intersections

Le dépassement à hauteur d'une intersection où je n'ai pas à céder le passage ou si mon feu tricolore est vert, est autorisé, mais particulièrement risqué (surtout si j'ai peu de visibilité sur les routes qui débouchent à cette intersection).

Le dépassement à hauteur d'une intersection où je dois céder le passage (ou à hauteur d'une priorité à droite) est interdit, sauf si le véhicule à dépasser est un "deux-roues". Le dépassement à hauteur d'un passage à niveau sans barrière est interdit dans tous les cas (même s'il s'agit d'un cycliste).

5. Visibilité vers l'avant

Sur une route à double sens de circulation, je dois être sûr qu'aucun usager n'arrivera en face. Pour cela, je dois avoir au minimum 500 mètres de visibilité ininterrompue. (Pas d'obstacle à ma vision tel qu'un virage ou un sommet de côte ; météo favorable).

Je ne peux pas suivre un véhicule qui dépasse : celui-ci me masquerait les usagers arrivant en face.

En ville, je me méfie de tout ce qui pourrait me masquer un véhicule qui pourrait s'engager à une intersection ou un piéton qui commencerait à traverser la rue.
Le dépassement à proximité d'un passage pour piétons est particulièrement risqué si la visibilité est partiellement masquée (par des véhicules stationnés par exemple).

6. Distance nécessaire

Avec 20 km/h d'écart, il me faudra au moins 250 mètres pour dépasser une voiture. Un peu plus s'il s'agit d'un véhicule encombrant ; beaucoup plus pour dépasser une file de véhicules (manoeuvre autorisée mais d'autant plus risquée).

A hauteur de la première flèche de rabattement, il est trop tard pour dépasser un véhicule circulant à une vitesse "normale".

7. La place pour se rabattre

Avant de commencer la manoeuvre, je dois vérifier que j'aurai la place de me rabattre. Si le véhicule à dépasser est le dernier d'une file, je devrai me rabattre en respectant l'intervalle de sécurité avec le véhicule qui me précède et celui qui me suit ! Si ce n'est pas possible, le dépassement serait dangereux, donc interdit (et sévèrement sanctionné).

8. L'intervalle de sécurité

Avant de dépasser, je continue de respecter l'intervalle minimum de 2 secondes avec le véhicule devant moi :
- pour avoir le temps de réagir en cas de freinage,
- pour conserver une bonne visibilité vers l'avant (plus je me rapproche du véhicule devant moi, moins j'ai de visibilité).

9. Les rétroviseurs et le clignotant

Juste avant de dépasser :
- je vérifie le rétroviseur intérieur pour vérifier que l'usager qui me suit n'a pas l'intention de me dépasser,
- je vérifie le rétroviseur latéral du côté où j'ai l'intention de m'écarter pour vérifier qu'aucun usager est sur le point de me dépasser,
- je vérifie l'angle mort du côté où j'ai l'intention de m'écarter pour vérifier qu'aucun usager est en train de me dépasser.

Si toutes les conditions sont réunies, et seulement après avoir tout vérifié, j'allume le clignotant si ma manoeuvre est immédiatement possible.

Un clignotant allumé alors qu'un usager s'apprête à me dépasser est inutile, gênant voire dangereux pour l'usager qui dépasse.

Je peux avertir par un appel de phares l'usager que je m'apprête à dépasser. Dans le cas d'un cycliste, hors agglomération, je peux l'avertir de mon approche avec un bref coup de klaxon (fait alors que je me trouve assez loin de lui, pour ne pas lui faire peur et qu'il ait le temps de se préparer).

10. L'intervalle latéral

Je veille à laisser un intervalle suffisant avec le véhicule que je dépasse, surtout si la route est déformée ou qu'il y a du vent (risques d'écarts de sa part ou de la mienne).

Si l'usager que je compte dépasser est "fragile" (piéton, "deux-roues" motorisé ou non, cavalier...), je laisse au moins :
- 1 mètre en agglomération,
- 1,50 mètre hors agglomération.
Et plus si possible, surtout si un risque d'écart de la part de cet usager est probable.

11. Se rabattre

Je me rabats une fois le dépassement effectué :
- sans trop m'approcher d'un usager devant moi (2 secondes d'intervalle minimum),
- pas trop près du véhicule dépassé (j'attends de le voir entièrement dans mon rétroviseur intérieur),
- je vérifie que le dépassement ne m'a pas entraîné au-delà de la limitation de vitesse autorisée.

12. Savoir renoncer à un dépassement

Si le dépassement ne se passe pas comme prévu :
- que le véhicule dépassé accélère (même si c'est interdit),
- qu'un véhicule arrive en face plus vite que prévu,
- qu'un usager entame un dépassement devant moi et me masque la visibilité,
- que j'ai mal évalué la situation (temps pour dépasser, place pour me rabattre...),
Il est alors préférable de renoncer au dépassement plutôt que de continuer la manoeuvre coûte que coûte. Je vérifie mes rétroviseurs ; je mets le clignotant à droite, et je reviens dans la voie de droite, sans gêner et sans m'énerver.